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avignon2010

Théâtre En Mots critiques de théâtre et des arts de la scène

 

 
Danse contemporaine
S
de Shu-Yi Chou

 

Chorégraphie et Scènographie : Shu-Yi Chou
Directeur artistique : Wen-Jinn Luo
 
Avec :  Wen-Jinn Luo, Pei-Shan Li, Han-Chieh Tso, Yu-Ting Su, Jong-Lian Dai.
Création lumière : Yun-Hsiang Kuan
Son : Jian-Chi Chen
 
Graphisme : Winder Chen
Photographie : Chang-Chih Chen
 
Directeur de la Compagnie : Wen-Chun Lo
Contact, Directeur artistique : wenjinn421 at yahoo.com
 
SCDC : pudding_kk at yahoo.com.tw
http://jinndance.myweb.hinet.net/scdc2009e.htm

 

 
 
du jeudi 8 au samedi 30 juillet 2010
(Relâche lundi 19 juillet)
 
à 11H

 

Théâtre De la Condition des Soies
13 rue de la Croix
04 32 74 16 49
 
   Durée du spectacle : 50mm

    

 

Le chorégraphe Shu-Yi Chou a obtenu le 1er prix du Global Dance Contest du Sadler's Wells Theatre 2009 à Londres. La SCDC  fondée en 1989 à Tainan a été sélectionnée dans le projet d'aide aux troupes artistiques du Conseil National des Affaires culturelles depuis 4 ans.

 

 


Un spectacle de danse et de théâtre de grande qualité mettant en scène les éléments naturels et d'autres urbains qui existent en parallèle et s'entrecroisent parfois, issue d'une même force, celle de la vie. Un moment d'intelligence, de fraîcheur, dans un ailleurs qu'on a envie encore de découvrir, charmé, intéressé par tout ce que l'on vient de voir, dans ce spectacle riche d'images et de couleurs évoquées par la danse, les sons, la lumière, le décor.
 
Tandis que les spectateurs entrent, sur scène une femme en robe orangé assise sur un tabouret exécute des mouvements ralentis. L'environnement est gris clair, la lumière celle d'un matin. Les murs sont couverts de papiers journaux. Un personnage en est recouvert jusqu'à son chapeau haut de forme. Il avance, ondule, se confond avec les murs, se tapit dans une anfractuosité, tel le fantôme facétieux du brouhaha de toutes ces informations décrites par les mots imprimés (en caractère chinois). La première danseuse se lève et s'en va. Une seconde arrive habillée en noir, elle se tient si pareillement à la première qu'on dirait la même qui revient transformée, ou comme dupliquée. Il y a plusieurs danseuses maintenant, 5. Des bruits de gouttes d'eaux s'accélèrent et donnent alors le bruit d'un orage qui tombe. Venue d'en haut la lumière s'est assombrie, elle est presque marron. Les personnages lèvent la tête, scrutent le ciel. Est-ce l'époque de la mousson où l'eau envahit tout et supplante les volontés des êtres ? L'orage s'éloigne, les oiseaux reprennent leurs chants, les humains leurs courses, leurs places et leurs luttes. Parmi les sons d'une grande finesse je crois entendre au loin le bruit d'une mobylette, le tintement d'une clochette. Des habits, un maquillage, aux subtiles couleurs, m'évoquent de merveilleuses fleurs aux tons rosés orangés qui doivent se trouver parmi une nature luxuriante jamais loin, de cette civilisation avec ses sens interdits, ses mots imagés écrits dans les journaux qui racontent l'endroit, et ses codes de conduite en société.
On retrouve ce qui fait partie de la culture Taïwanaises, l'importance accordée aux éléments naturels célébrés merveilleusement, mais aussi les notions d'interdit et de rapports entre les gens, où l'un oblige l'autre, dans un combat permanent, discret et silencieux. L'originalité et la modernité de ce spectacle de danse illustre une fois de plus la créativité positive que l'on peut trouver dans les pièces venues de Taiwan.

Vendredi 16 juillet 2010