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Concert
LE CRI DU CAIRE
Abdullah Miniawy, Peter Corser, Karsten Hochapfel, Yom
Le Caire - Paris
.
 
 
Texte : Abdullah Miniawy
Traduction : Nabil Boutros
Musique : Abdullah Miniawy, Peter Corser
Collaboration artistique : Blaise Merlin
Son : Anne Laurin
Avec : Peter Corser (saxophone, clarinette), Karsten Hochapfel (violoncelle, guitare électroacoustique), Abdullah Miniawy (chant), Yom (clarinettes)
 
Cour du Collège Vernet
Rue Joseph Vernet
 
20H30
ma 17 juillet
2018
 -date unique-
 
Durée : 1H10
 
Réservation :
festival-avignon.com,  04 90 14 14 14,
ou (sous réserve) 45mm avant le spectacle, 
sur le lieu de la représentation
 

Production : L'Onde et Cybèle / Festival La Voix est Libre. Coproduction :  Bonlieu Scène nationale d'Annecy, Maison de la Culture de Bourges, Le Grand T, théâtre de Loire-Atlantique, Théâtre 71 Scène nationale Malakoff .
Avec le soutien de : Drac Ile-de-France, CNV et pour la 72e édition du Festival d'Avignon : Sacem.  Avec l'aide de : l'Institut du monde arabe Co-accueil Festival d'Avignon, Là ! C'est de la Musique En partenariat avec France Médias Monde
 
"Abdullah Miniawy est un jeune poète, chanteur, et compositeur égyptien, originaire de la ville-oasis d'El-Fayoum. Il a joué devant des dizaines de milliers de personne sur les places du Caire et dans les clubs de la ville en marge des mouvements révolutionnaires, avant de s'installer en Europe où il multiplie les projets"."Peter Corser, Sarsten Hochapfel et Yom :  musiciens multi-instrumentistes installés à Paris, l'anglais Peter Corser et l'allemand Karsten Hochapfel accompagnent de nombreux styles de spectacles improvisés, jazz et musique du monde"
https://www.maisondelapoesieparis.com/events/le-cri-du-caire-abdullah-miniawy/
Abdullah Miniawy, site en anglais

 

"Le cri du cœur d’un chanteur soufi égyptien épris de liberté et de justice. Une expérience musicale poétique, mystique et politique"."Au souffle continu du saxophone de Peter Corser, aux cordes «barocks» de Karsten Hochapfel, au son klezmer du clarinettiste Yom, répond la voix envoûtante d'Abdullah Miniawy. Les mélopées électroniques scandent, en boucles hypnotiques, un rythme qui mène vers la transe. Le chant soufi, une langue riche et vibrante, murmurée ou criée, nous invite au voyage. Un voyage mystique et psychédélique qui clame les besoins de liberté et de justice des peuples aux voix muselées. En parlant des aspirations collectives, de la vie quotidienne, Abdullah Miniawy laisse éclater ses interrogations et ses critiques face aux régimes politiques violents et porte l'espoir de la jeunesse égyptienne. À la croisée des styles, entre rock, poésie soufie, jazz, spoken word et volutes orientales, Le Cri du Caire déploie une création métissée d'une grande puissance métaphorique, née d'une nécessité d'altérité, de découvertes et de rencontres, qui transcende les racines, les identités, les frontières."

 

 

 

Le cri du Caire est  un moment exceptionnel à vivre. Dans la cour d'une école avec de hauts platanes, en début de soirée, s'installe un groupe de diverses origines. Un chanteur Egyptien, un homme au teint clair barbu avec un violoncelle, un autre sans caractéristique, très européen, puis plus tard un autre, avec une barbe, jouant d'une sorte de flute, prête à enchanter des serpents. La musique qui est donnée ne ressemble pas a ce que l'on connait. Il y a un accent de mélopées, mêlées d'instruments qui imitent les sons que font les oiseaux. Les notes puissantes que tiennent le chanteur comme un cri, s'arrêtent net, sans redescendre à la fin du morceau.
C'est une très belle musique qui émeut, laisse rêver, vagabonder ses pensées, fait voyager, avec l'envie de se trouver au Caire, d'y regarder les lumières sur une grande place pleine de monde, de couleurs, de saveurs, ailleurs, parmi des vies différentes. Inspiré du chant soufi, selon  le livret, et un très article de "La Terrasse", lu plus tard.
 
Des morceaux sont plus solennels, toujours modulés, d'autres plus gaies, qui emportent plus directement, positivement optimistes, avec une palette de choses inconnues apportées à nous, dont un espoir inhérent à une culture où la place de dieu est partout, sans le carcan de l'obligation, sans extrémisme, dans la modernité. Mais surtout sans doute, cette musique est une ode à la quête de l'espoir de la paix et de la liberté dans un monde uni.
Une musique diverse, métissée, ardente, zen, jazz, rock, orientale, toujours mêlée à d'autres inspirations qui ne la fige pas dans un créneau, avec des accents d'Amérique, et de bien d'autres cultures. Le mélange de violoncelle, saxophone, clarinette, guitare électroacoustique, et chants, qui viennent se joindre à un fond d'autres musiques, d'autres sons, est étonnant, par moment extrêmement envoutant. Ces sonorités inhabituelles célèbrent la nature et sa suprématie sur nous, mais aussi illustrent certains de nos sentiments humains faits de complexité, philosophent nos pensées. Ce qui fait la vie quotidienne, des rues et des ruelles, des appartements, des enfants qui jouent, on l'imagine, sous le soleil, avec le gout de l'ombre fraiche, du soir venue, des marchés colorés et odorants, de l'appel à la prière en fond de vie. Des sons venus des minarets, des oiseaux en bords de mer, de la foret amazonienne, des montagnes au pays des incas, de grandes routes désertes américaines...
 
Ce concert est un moment rare. Celui de découvrir cet univers, ces musiciens. Qui plus est, le chanteur, qui selon ce qui nous a été dit par un homme présentant sur scène le concert, avant l'arrivée des musiciens, a du attendre trois ans pour obtenir un visa (à ses débuts ou maintenant), compte tenu des lois en vigueur notamment en lien avec le service militaire obligatoire en Egypte.
 
Par ailleurs, l'homme d'avant concert, nous dit quelques mots de la situation du pays, le contexte de la production de celui-ci (retransmis avec les erreurs que peuvent comporter le souvenir) : Slamer est la seule manière pour dire son ressentiment dans le pays d'où vient le chanteur, et encore il ne faut pas que ce dont on se plaint, soit dit trop clairement. Pas de libre paroles possible. Un jeune homme étudiant qui préparait une thèse, sur sauf erreur, le recensements d'association pour la libre expression en Egypte, à été assassiné après torture. L'enquête à rapidement été classé sans suite. Assassiné on peut le supposer, par des gens travaillant pour le renseignement, qui a peut être mandaté des assassins, en leur communiquant de faussent informations pour qu'ils acceptent d'agir.
C'est bien ce qui a été dit il y a quelques années, par des gens en stop qui s'amusent à prendre des stoppeurs pour leur révéler des horreurs, indiquant "qu'un étudiant serait assassiné en contre partie de la venue d'un chanteur, qui normalement n'aurait pu obtenir son visa qu'après avoir fait son service militaire dans son pays, retardé en raison de ses études, et parce qu'"on" avait peur, que venant en France, le chanteur en profite pour critiquer son pays d'origine". "Pour "donner un exemple" de leur lois d'état, qui interdisent toutes remarques critiques, de leur société et de son organisation, de sa politique et de son fonctionnement".
Encore faut il savoir de qui on parle, quand on vous dit cela et que ces personnes sont inconnues de vous, se rappeler d'un nom pareil, être cru si on veut le révéler, expliquer le contexte, dire qu'un étudiant du pays, si on la retenue, est menacé. Et à qui le dire puisque c'est une organisation policière ? Sans parler des représailles de ces gens, qui révèlent ces faits certainement à dessein, à d'autres sans défense.
C'est évidemment atroce et apparemment ce chanteur s'il l'avait su, aurait préféré ne jamais quitter son pays. Du coup, et après une file d'attente composée un peu curieusement de personnes de sa famille, qui semblent évoquer ce fait entre eux, on se dit qu'on aurait préféré ne jamais voir ce spectacle, et qu'un jeune homme étudiant soit encore vivant dans son pays. C'est ça le renseignement, il pourrit ce qui est beau, pour l'annihiler, rendre la vie, comme lui, tragique, faite de dictatures, de terreurs et de perversités.
 
Avec sa musique seule, même sans comprendre les paroles, ce groupe exprime au delà du voyage poétique, de ce qui fait partie de leur culture et avec lequel ils doivent vivre.
 

Spectacle du Mardi 17 juillet 2018