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Théâtre
L'HERBE DE L'OUBLIE
de Jean-Michel d'Hoop
 
Cie Point Zéro / Théâtre de Poche
Belgique
 
Ecriture et mise en scène : Jean-Michel d’Hoop
assisté de : François Regout
Scénographie : Olivier Wiame
 
Avec : Léone François Janssens, Léa Le Fell, Héloïse Meire, Corentin Skwara et Benjamin Torrini
Marionnettes : Ségolène Denis,
assistée de Monelle Van Gyzegem
Musique : Pierre Jacqmin
Lumières : Xavier Lauwers
Vidéos :
Yoann Stehr
Texte des voix off,
écrit d'après des interviews et des articles de Svetlana Alexiévitch
Théâtre des Doms
Rue des Escaliers St Anne
(Prés de La Manutention)
 
17H
du 6 au 26 juillet
-relâches les 11, 18- 
 juillet 2018

Durée : 1H20

Réservation : 04 90 14 07 99

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Coproduction : Théâtre de Poche et la Coop asbl.  Avec le soutien de : la Fédération Wallonie-Bruxelles et de Shelterprod, Taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge

 

"Le 26 avril 1986, le cœur du réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose et prend feu, projetant un nuage de radioactivité dont on a retrouvé des traces dans toute l’Europe. Poussières, aérosols et gaz radioactifs (dont le césium et l’iode) sont projetés dans l’atmosphère. Le quatrième réacteur, nom de code «Abri», conserve toujours dans son ventre gainé de plomb et de béton armé, près de vingt tonnes de combustible nucléaire. Tchernobyl, en Russe, se traduit absinthe, l’herbe de l’oubli…Et trente ans après, quelles leçons retient-on de cette explosion ? Composé à partir de la parole de survivants à la catastrophe, d’habitants proches de la zone d’exclusion en Biélorussie, de scientifiques actifs dans le dépistage de césium 137, de personnes ressources partisanes - ou non - du nucléaire qu’a rencontrés la compagnie Point Zéro ; L’Herbe de l’Oubli, s’inspire de la prise de témoignages réalisée à Tchernobyl par Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature 2015, "La Supplication", éditions Jean Claude Lattès. L’utilisation des marionnettes au théâtre est la marque de fabrique de la compagnie Point Zéro (Les Trois Vieilles et L’Ecole des Ventriloques de Jodorowsky, GunFactory,…), celles-ci apportent à L’Herbe de l’Oubli l’indispensable humanité et la poésie qui permettent de mettre le sujet à distance".

 

 

 

 

"L'herbe de l'oublie" est une pièce nécessaire qui dénonce avec l'appui d'enquêtes, un juste ton théâtral et le filtre de marionnettes dans un climat de poésie teintée d'un certain humour, une situation dramatique occultée et invisible, si ce n'est par ses effets à termes. Les témoignages joués par les comédiens, appuyés d'images vidéos sur les lieux, rendent indéniables ce que l'on dénonce. On peut voir une ode à la nature dans ces villes et villages verdoyants du centre de l'Europe où on va en forêt cueillir des champignons, avec des gens vivant comme nous, dans une opulence moindre, tandis que de plus âgés vivent comme nos arrières grand parents, sans faire appel à la modernité. La pièce, a propos du sujet nucléaire, parle de différences et de similitudes, de gens ailleurs, aux problèmes différents, mettant à jour un régime politique où la contestation n'est pas possible, pas même envisageable. Les gens sont habitués à la nécessité de se taire. Sans quoi ils voient leur contrat de travail résilié, de multiples enquiquinement de papiers à fournir, d'impôts à payer, de contraventions de toutes sortes. Jusqu'aux disparitions inexpliquées, meurtres non élucidés. Tout le monde vie avec cela ancré. On s'en accommode. Il y a possibilité d'arranger certaines interdictions, par des cadeaux, de l'argent, données à ceux qui exercent le contrôle de telle ou telle chose. Ceux-ci vivent surtout de tels arrangements, les salaires d'état étant très bas, bien que suffisant selon le niveau de vie, avec des choses courantes bien moins chères. On y vit selon le rythme des saisons, sans stress de cadence. Avec une hiérarchie bien présente, mais dans une simplicité de tous pourtant.
 
Tchernobyl en Bielorussie, était une petite ville bordée d'une foret magnifique. Ou  la population sous le régime communiste se voyait attribuer une petite maison, avec un jardin pour cultiver son potager, en plus d'un petit salaire pour un travail d'état. La population avait l'habitude aussi de cueillir dans la foret tout ce dont ils avaient besoin, de pécher dans les claires rivières.
 
A été laissé en marche une centrale nucléaire ancienne qui aurait du être vérifiée, réparée, probablement détruite et reconstruite (ndlr, suivant information de l'époque). Même dans ce cas, l'accident peut arriver un jour ou l'autre, et les effets sont terrible, et irréversible. Le réacteur de la centrale nucléaire (atomique selon le terme d'autrefois, abandonné pour faire moins peur) a explosé le 26 avril 1986, laissant s'échapper des gaz inodores et cancérigènes, qui ne s'éliminent pas et restent nocifs 100 000 mille ans. En particulier avec l'iode et le césium 137 dégagés. Ses effets outre de causer la mort immédiate à haute dose, sont à moyens termes, la malformation des fœtus, créant des monstres. Les adultes voient se développer diverses maladies, osseuses, pulmonaires, cardiaques,  cardiovasculaires, problèmes digestifs, cancer de l'œsophage et du poumon etc. Ces maladies n'étant pas officiellement imputées à la radioactivité, selon  des médecins, alors que cela en est la cause, selon des professeurs et chercheurs mandatés indépendamment du gouvernement Biélorusses, dont les propres chercheurs minimisent les effets. Ainsi il avait été omis de citer les 6000 employés "liquidateurs", décédés tout de suite après avoir éteint le réacteur encore en feu, et peu de temps après, pour ceux chargés d'enlever les débris de la centrale explosée, tandis que ceux arrivés plus tard, ont rapidement été malades, et qu'aujourd'hui sauf erreur il n'en reste aucun...
 
Certains habitants sont restes sur place, dans une zone aux doses hautement radioactives dangereuses pour le corps humain. Le gouvernement (ndlr, selon suggestion du renseignement) n'a pas déclaré impropre à l'habitation de tels lieux en minimisant le taux d'ondes radioactives encore présentes (taux baissant légèrement avec le temps). Sur ordre (ndlr : selon suggestion du renseignement "pour faire semblant de faire quelque chose pour les habitants"), après la catastrophe tous les animaux de compagnie ont été abattus dont les chiens qui après avoir longtemps gardés les maisons de leurs maîtres enfuis de celles-ci, étaient venus les chercher sur la place principale, entendant leur voix, ces gens réunis par la municipalité. De mêmes pour les chevaux. Les animaux  confiants ne comprenant pas pourquoi ils étaient tués massivement par des hommes qu'ils connaissaient. Un soldat à qui on a confié ce rôle, devenu fou, témoigne depuis un hôpital psychiatrique du traumatisme causé.
Des habitants encore présents, de façon incroyable, boivent l'eau hautement polluée, mangent les légumes irradiés poussés dans leur jardin, ou ramassés dans les forets luxuriantes, d'endroits où des villages ont été recouverts de terre il y a trente ans juste après la catastrophe. Tandis que la nature à repris ses droits, plantes et arbres poussant, envahissant l'espace, faisant disparaitre toutes traces de ces villes fantômes en dessous, toujours hautement radioactives, rendant malades en premier les enfants, causant notamment des anémies, révélant ensuite des cancers, et produisant divers handicaps s'attaquant aux muscles des articulations notamment.
Le minimum serait de dire à la population de ne boire ni ne manger les produits issus de cet environnement. Il faudrait pour cela fournir ces villes et villages en eau, et nourriture dont, lait, légumes, et viandes, par l'aide humanitaire.
Les habitants sont laissés dans la méconnaissance. Ainsi, une dame âgée, marionnette ou vrai comédienne dans la pièce, figure un témoignage en disant en guise de conseil répondant à une interview : "de bien laver à l'eau savonneuse avant de le rincer", tel légume ou viande," pour le rendre comestible sans danger pour la santé", alors que cela reste dérisoire pour éliminer la radioactivité contenue dans les aliments.
 
Pour faire bouger les pouvoirs public, que cette catastrophe soit reconnue cause mondiale urgente, il faut faire connaitre la situation. Afin que l'aide humanitaire puisse se mettre en place, pour prévenir de ne pas consommer ces aliments, apporter ceux ci, prévenir du danger à se réinstaller dans de telles zones. Et se mobiliser pour diffuser les dangers et les effets du nucléaire. La pièce pour autant ne veut pas se montrer si directement contre le nucléaire, tant cela serait mal vue de ceux à qui il profite, mais au moins pose les questions sur ces sujets, afin de pouvoir en parler avec arguments à l'appui, de vrais chiffres et faits.
 
Il a fallu mandater des chercheurs, pour tenter de trouver comment éliminer du corps le césium 137. Les médecins sur place, ne savent que soigner les effets d'une maladie qui se déclare, et encore, impuissant face à ce qu'il ne connaissent pas, ne trouvent souvent pas, parce qu'ils n'ont pas eu encore à faire avec ce genre de fléau. Ils préfèrent, sur ordre de l'état, nier le problème. Les gens ne sont donc pas soignés pour l'éradication ce qu'ils ont en eux, qui déclenche des cancers. Pourtant une certaine alimentation permet de réduire le taux de radioactivité dans le corps, et donc de se donner plus de chance de survie. C'est ce qui est expérimenté, dans une association (en Belgique ?) qui recueille des enfants contaminés, victimes de Tchernobyl.
 
La comédienne qui ouvre l'histoire et la conduit est formidable de sérieux et de douceur pour s'adresser au public enfants et adultes. D'une voix calme avec une parfaite diction, sans affect exagéré, elle raconte, plante le décor de la situation, du pays. Des gens qui y vivent, chaleureux, accueillant l'invité avec des repas que l'on voient en vidéo où toute la table est remplie de différents plats dont des légumes très présents suivant la coutume. Elle retransmet leur accueil et comment ils ont pu interviewer les habitants. La scène ressemble à une volière sans barreau, en fait le cadre d'une maison en bois sans ses portes et fenêtres. Des marionnettes géantes avancent depuis le fond de la scène, sur les cotés, des coulisses vient l'information. Derrière la comédienne qui présente l'histoire, et des habitants comme ce couple qui se présente, raconte ce qu'ils ont vécus et vivent depuis la catastrophe. Les marionnettes géantes à grosses têtes un peu déformées, dodelinantes, avancent au ralenti en costumes, avec 'un regard questionnant, souriants, effrayé, impuissants, puis ils reculent et s'enfoncent dans le noir. Jamais ils ne parlent. Fantômes de ceux qui ont disparus, voulant nous faire connaitre ce qui leur est arrivés, irradiés à leur insu, marionnettes de ce (ceux) qui les a (ont) fait devenir malades et difformes. Ils incarnent, les effets de ce danger que l'on ne visualise pas, les déformations et mutations que la radioactivité impalpable crée, et qui fera devenir ainsi les habitants de demain, si on n'essaie pas de limiter les effets de cette irradiation présente partout et dans tout, depuis la terrible catastrophe de la centrale nucléaire.
 
lundi 16 juillet 2018

 

(texte en cours de rédaction)

 

 

 

 

Durant le Festival, est annoncé la disparition de

Jean Claude Lattés, éditeur,

qui à publié le livre inspirant le spectacle

 

 

Témoignage à propos de l'irradiation