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Théâtre
UN HOMME QUI FUME
C'EST PLUS SAIN
de Leslie Bernard
 
Collectif BAJOUR
Mise en scène : Leslie Bernard
Collaboration artistique : Matthias Jacquin

Interprétation : Leslie Bernard, Julien Derivaz, Matthias Jacquin, Hector Manuel, Joaquim Pavy, Georges Slowick, Alexandre Virapin et Adèle Zouane.

Création lumière : Julia Riggs
Création sonore : Louis Katorze
 Scénographie : Hector Manuel
Construction décor et régie générale : François Aupée
2a Rue des Ecoles
(donne dans la Rue Thiers)
-Patinoire-
Réservation : lamanufacture.org,
par cb : 04 90 85 12 71, pro : 07 83 60 86 4 )
11h50
du 06 au 26 (relâche les 12, 19)
juillet 2018
 
Durée : 1h55 trajet en navette compris

 

Production : BAJOUR,  Production déléguée et diffusion : centre de production des paroles contemporaines -CPPC- (Rennes)-.
Coproduction : Théâtre National de Bretagne.   Soutiens : Ville de Rennes, Spedicam
Le spectacle a bénéficié du soutien financier de : Spectacle Vivant en Bretagne.
 
BAJOUR, collectif de collectifs créé en 2015 par d’anciens élèves de l’École Supérieure du Théâtre National de Bretagne s’est fondé sur un désir concret de travailler ensemble et d’inventer son propre langage en dehors de l’école
Créé en 2016, BAJOUR réunit 8 acteurs issus de cette école,  sous la forme d’un groupe polymorphe et ouvert. Leur travail passe par l’écriture de plateau, l’improvisation, le chant et naît de l’Intime sans pour autant se cantonner à un théâtre naturaliste.
Ils explorent la notion de récit dans une esthétique épurée laissant la part belle à l’acteur

 

"Sept frères et sœurs se retrouvent". "Comment se parler après tant d’années d’absence ? Comment se souvenir et reconnaître ? Et surtout qu’est ce qui les a éloignés pendant tout ce temps ? . Une fratrie joyeuse et vivante, séparée par les non-dits et les secrets. On assiste dans un tourbillon de parole joueuse à une tragédie familiale entre réalisme et onirisme où se mêlent préoccupations intimes, sociales et politiques. Une création collective incarnée et réjouissante qui a reçu le Prix des Lycéens Impatience 2017".

 

 

 

Ce spectacle qui affiche complet (faisant pleurer de dépit une future -vrai ou fausse- spectatrice qui s'est vue sans place accordée (tandis que les marches de la salle de La Patinoire étaient inoccupées), est celui d'une famille de dégénérée dans laquelle 7 frères et sœurs ont pratiqués l'inceste, sans protection du père, dont c'est le jour de l'enterrement.
 
Au début, sans connaitre l'histoire dont il va être question, la pièce est engageante, les personnages dynamiques, le ton drôle, dans un décor et une mise en espace théâtrale. La pièce semble en accord avec le bouche à oreille des files d'attente bruissantes en positif, citant ce spectacle (mais ne serait-ce pas pour y attirer des chroniqueurs repérés ?). Rien dans le résumé du spectacle ne laisse présager de ce qui suit, et du véritable sujet de la pièce, l'inceste non dit dans une fratrie devenue adulte. Il semblerait qu'il y ait eu pour le scénario des personnes du renseignement. Un policier représenté, dit certaines répliques venant de conversations dont les meneurs en sont, tandis que les sollicités non. Ainsi, est osée une plaisanterie liée à la méconnaissance du policier de métier, un des frères, faisant une méprise sur une question liée à la cérémonie auquel la famille va assister. Ce policier un peu béta, comprenant au pied de la lettre des expressions qu'il ne connait pas, transforme en jeu de mot mal venue ce qu'il ne comprends pas lorsqu'on parle de "mise en bière". La seule fille de la fratrie présente (une autre n'arrivera qu'à la fin, on suppose n'ayant peut être pas subi la même chose que les autres, où ayant arrêté les relations avec cette famille s'en tenant au minimum) faisait l'objet de viol par ses frères. C'est ce qu'on comprend quand excédée par son nom scandé par ceux ci, qui la bouscule, elle finit par se déshabiller en montrant sa poitrine et disant : "C'est ca que vous voulez, vous voulez voir mes seins ? Dites le !".
Il parait (selon une personne de la billetterie il y a plusieurs années) que la direction du théâtre aime les choses glauques parlant de sexe, voici une pièce choisie.
Lors du tout début de cette représentation ci, est volé par une dame du public commentant son larcin, un téléphone tombé qu'elle a ramassé s'en vantant auprès son mari et discourant sur ce qu'il pourrait y avoir d'autres à "trouver", envoyée par une ex (ou pas) employée de la billetterie du théâtre (au nom sur le programme du off, donnée par une dame en stop pour le sien, la veille, alors qu'elle prévoyait "d'y envoyer de ses amis le lendemain").
 
La jeune fille de l'histoire, parait folle ou hystérique par sa réflexion, dont on comprends la véracité que plus tard avec le contexte de cette famille. Pour autant la scène et les dire sont choquants, comme l'est l'évocation suivante d'un autre : "vous croyez que je ne me souviens pas, quand papa était encore là, ce qu'il entendait aussi et qu'il a laissé faire, les deux jumeaux, qu'on entendait gémir dans tout les coins ?...".
 
Pourquoi ne pas avoir parlé, sur le résumé du spectacle, de son sujet ? Sans doute pour ne pas effrayer le spectateur, qui est alors leurré.
Le spectacle semble vouloir dédramatiser l'inceste, on se demande pourquoi cette volonté. La pièce débutée comme une comédie et qui se poursuit (presque) de même après cet intermède-révélation fracassante, ne réponds pas à cette interrogation.

21 juillet 2018, jour de la Fête Nationale Belge