Festival 2021
 
Théâtre musical
 1914, La victoire en chantant
avec les textes de
Charles Péguy, Paul Claudel, Guillaume Apollinaire, Roland Dorgeles, Louis Aragon, et beaucoup d'autres
 
Cie Acquaviva
 
Metteur en scène : Raymond Acquaviva
assisté de Quentin Morant

 

Avec les comédiens-chanteurs :  Pierre Boulben, Louise Corcelette, Benoit Facerias, Philippine Martinot, Quentin Morant, Fabio Riche, Lani Sogoyou, Josephine Thoby

 

Accordéoniste : (en alternance) Aude Giuliano, Guy Giuliano, Laurent Derache
 
Lumière : Philippe Sazerat

13 à 17 Rue du Collège d'Annecy
(Rue face Au Musée Lapidaiire, prés de Monoprix Rue de la République)

 

15H
du 7 au 31 juillet 2021, jours Impairs
relâche lundi 19
.

 

 

 

          Critique :

On y entends des chants choraux modulés très beaux, qui emportent comme dans une opérette, telle d'ailleurs est conçue la pièce. Le metteur en scène directeur d'une école de théâtre, y fait jouer ses anciens élèves qui interprètent avec énergie ses chants, ses chorégraphies enlevées exécutées avec précision. Ils font vivre les débuts de la guerre, insouciants, avant la terrible réalité de ce qu'elle fut. Du coté des troupes, mais surtout des soldats civils appelés au front et leurs compagnes, ce qui permet l'interprétation des champs populaires de l'époque. Une lettre célèbre lue, énonçant les inquiétudes de son auteur quant a une guerre chimique, permet de figurer un lien avec le présent. Sur les microbes crées en laboratoire qui s'échappent, et contaminent, donnant le ch (ko) (le comédien bégaie et hésite, à souhait) on entendra pas le corona, il s'agit du cholera... Il y a des touches d'humour dans le spectacle, en plus d'une bonne humeur joyeuse constante, sauf sur quelques passages plus tragiques et critiques parlant de la guerre réelle sur le front, l'utopie du début terminée, sur une scénographie et un décor, à l'aide de la surélévation d'un personnage, de lumière blanche sur les visages qui deviennent masques et des textes interprétés situant la situation. Les comédiens prennent un accent de l'époque, un français-patois parlés par le peuple lorsqu'entrée dans l'histoire celle-ci se poursuit parmi les familles.  La victoire au bout, sera à fêter, faisant retrouver une atmosphère de gaieté, et de chansons. L'accordéon qui accompagne les chants et le récit, est magnifique, tout en nuances, participent à égalité dans la beauté de ces chants en coeur sur différentes tonalités (on excusera quelques fausses notes dans les chants, de ces jeunes comédiens-chanteurs qui procurent un si bel effet musical puissant et harmonieux).

Cette pièce chantée se joue au Théâtre Notre Dame, où la scène est un coeur de chapelle désaffectée. On y est au frais, sur de confortables fauteuils en gradins, pour y réétudier l'histoire, sur fond d'opérette, une occasion de revivre tous les bonheurs qu'elle procure, en survolant une dure réalité sur des textes surtout figurés émotionnellement par les esthétiques de mise en scène.

29 juillet 2021

 

 

           Résumé :

"Un spectacle composé non seulement des plus belles pages de Péguy, Claudel , Apollinaire, Dorgeles, Valéry, Queneau, Aragon, Tardieu, mais également des magnifiques chansons populaires qui marquèrent ces époques. C’est ainsi que le spectateur pourra feuilleter l'histoire de ces deux guerres qui endeuillèrent le monde, et se laisser porter par le rire et l’émotion à travers la mémoire de nos pères.
À l’image d’Apollinaire, la jeunesse de la classe 14 oubliant que ses parents avaient mangé du rat en 1870 quand les prussiens assiégeaient Paris, oubliant Le dormeur du val endormi pour l’éternité sous la plume d’un Rimbaud inspiré. Cette jeunesse qui avait vingt ans, tout à son ivresse de reconquérir l’Alsace et la Lorraine, se rua joyeuse, par trains entiers vers les fronts du Nord. Plus de la moitié d’entre eux ne revint jamais et leur sang, jaillissant sous la mitraille retomba en lettre d’or sur les marbres et les granits dressés dans chacun de nos villages."