Festival 2021
 
Histoire sans paroles - Théâtre de papier et musique Forme courte tout public, à partir de 3 ans
 
La Fabrique
de Max Legoubé
Cie Sans Soucis
 

Auteur, mise en scène, manipulation, jeu : Max Legoubé

Interprète(s) : Max Legoubé, Tom A. Reboul

Musique : Tom A. Reboul

Illustrations : Adélie Dallemagne

 

 
Présence Pasteur
13 Rue du Pont Trouca
 (Ecole Pasteur,
entre Rue Louis Pasteur et Rue Thiers)
-Salle de moins de 50 personnes-
 
16H35
séance supplémentaires, les
mercredi et samedi à
9H45
du 7 au 31 juillet 2021
relâche les jeudis 8, 15, 22, 29
Durée : 40mm
Réservations/ Informations :
04 32 74 18 54 /  07 89 74 20 05
ou Festival Off

 

 

          Critique :

Bravo pour ce spectacle extrêmement poétique, beau et agréable à voir et à entendre, comme on en fait plus ou rarement, fait de figurines manipulées, de sons avec des objets, de musique superbes composées ou fabriquées manuellement, insufflant une atmosphère calme positive et forte avec des notes nostalgiques, évoquant le rythme immuable du temps sur le monde, fait de transformations et de recommencements, basé sur la nature, et les dangers que lui inflige le monde moderne industrialisé.

Pour les petits comme pour les grands. Le spectacle ressemble à la mise en images et en sons d'un livre aux description multiples et minutieuses des merveilles de la nature, qui voit naître les oiseaux, les couleurs des saisons et du ciel. On y parcours de jolis endroits par beaux temps, où la nature prédomine, on y entends les chants d'oiseaux, les bruits de toutes choses sur le sol quand il n'y a pas trop de bruit alentour, et en contraste les bruits de la ville. Un petit personnage à vélo, est le  fil de l'histoire, son début, on le voit naître (tandis que les cigognes apportent un balluchon, revenant au printemps) et grandir, au gré des saisons, parcourant monts et prés, comme le monde. Les monts et prés  voient la venue d'un homme en cravate et grosse voiture, c'est un promoteur... le chemin est goudronné, les abords aplanis, fini les collines, des fondations se creusent, pour une maison, puis deux, puis trois, puis bien d'autres, un tas de maisons, qui vont former un village, avec des balcons, qui fleurissent peu à peu, car chacun veut retrouver un peu de nature chez lui. D'autant quand il ne l'a guère plus autour, quand les mètres carrés construits augmentent sur une terre où il y avait des champs.. Le paysage se transforme; seul l'arbre ou avaient grandi des bébés oiseaux est encore là (sans bébés oiseaux). d'autres petits arbres sont plantés, les balcons fleuris débordent de fleurs. On a revus un petit homme à vélo, le fils de celui d'autrefois qui gravissaient les collines et traversait les champs, il s'agit maintenant de slalomer dans les rues du village qui devient  une ville.

Les conteurs de cette si poétique et jolie histoire, de leurs mains, installent les éléments de décors dessinées et peints sur des cartons qu'ils posent sur le décor, où qu'ils déplacent au  gré des scènes; pour les bruits, les sons, ils les fabriquent avec leurs voies, des instruments légers qui produisent des sons comme le sifflement d'un oiseau qui chante content sous le soleil, le crissement d'un vélo sur une route caillouteuse, où le grondement des voitures au loin ou bien tout prés, les klaxons, les bruits de l'aube lorsque la nature se réveille.

La petite musique ritournelle qui accompagne ce récit est captivante, enivrante, elle insuffle de la force sur l'idée d'un immuable, celui sans doute de la nature, du soleil et du vent, qui tourne, éclaire, rafraîchit selon les saisons, puis revient (si on ne détraque pas la nature cette belle machine si fiable, à l'heure comme une horloge). Du temps qui passe, des transformations qui s'opèrent aussi, le tout bien calmement, sans peur, sans heurts, sans désaccords, car toujours ici la nature saura d'un clin d'oeil retrouver sa place, une place au moins, pour le bien vivre de chacun.

C'est vraiment un très beau travail, qui nous est présenté, fabriqué par de belles personnes qui savent retranscrire l'histoire de notre époque (du changement du rural à l'urbain des cent dernières années) avec une sensibilité esthétique et musicale si parfaite, si jolie, que cela en est étonnant. Un très joli spectacle pour les petits, et les grands (les écolos, les ex-hyppies, les professeurs, et tous les autres).

juillet 2021

 

 

          Résumé  :

"La Fabrique raconte l’histoire d’un arbre et d’un enfant qui grandissent ensemble et tissent une amitié profonde dans un respect mutuel. Au fil des saisons, la nature prend mille couleurs et le temps s’égrène. Jusqu’au jour où un méchant arrive, comme un ogre des contes, il dévore la campagne. Les champs de blé et les fleurs sauvages laissent la place à des pavillons, des centres commerciaux…, et l’arbre disparaît derrière la grisaille des murs. Quand la ville grignote la campagne, elle ne demande pas l'autorisation à ceux qui ont vécu là depuis toujours. Dans ce monde du repli sur soi qui rime avec chacun chez soi, il faut un bricoleur de poésie pour redonner des couleurs au béton et faire sourire ceux qui l’habitent. C’est ce que va faire le petit garçon de notre histoire devenu adulte, avec beaucoup de fantaisie. La prise de conscience de nos actes sur notre environnement n'est pas une morale mais une nécessité. La Fabrique sera donc une fable sans parole, une parabole ciselée, simple dans l'histoire qu'elle déploie, et belle dans le questionnement qu'elle suggère, afin d’encourager les enfants à inventer l’avenir."
"Dans ce spectacle, la musique a un rôle essentiel. Elle accompagne nos émotions en soulignant celles du personnage, nous berce ou nous dérange. Les bruits du quotidien (les bruits de la ville, le vent dans les feuilles, la pluie sur le sol, la voiture sur la route... ) enrichissent la composition, ils nous font évoluer dans des environnements différents. Jouée en direct par un musicien, la musique, entre mélodies et bruitages, est à l’image du paysage, en constante évolution et construction."
"L’espace traditionnel du théâtre de papier est celui du jeu. Le jeu a pour effet de situer la frontière entre le réel et le faire semblant, l’imaginaire, le fictif. Le théâtre de papier permet aux enfants d’appréhender le monde extérieur et des situations réelles, liées aux relations sociales, en toute sécurité."

 

          Genèse :

"Le spectacle La Fabrique est né d’un constat, il suffit d’ouvrir les yeux à la sortie des villes pour voir la nature reculer peu à peu. Les terres agricoles sont menacées. Les zones pavillonnaires envahissent inexorablement les abords des villes et des villages. J’utilise le théâtre de papier et la musique pour créer un monde miniature parfaitement reconnaissable qui évoque cette réalité sans brutalité. Un monde qui se construit sous nos yeux. Le personnage et le décor prennent vie, se transforment, s’animent et évoluent à l’aide de mécanismes et de techniques ludiques et ingénieuses. Un univers tout en poésie qui questionne les attitudes de l’homme face à la nature. Inspiré par les théories de Friedensreich Hundertwasser, artiste et architecte autrichien du XXème siècle, j’ai souhaité mettre en avant la nature, l’importance de la couleur, le refus de la conformité et de l’uniformité". "
"L’envie d’un récit sans parole. Donner vie à des personnages dont on découvre l’univers, que l’on suit en y mêlant son propre imaginaire. Sans un mot, les images et les musiques nous racontent une histoire. L’envie également de travailler sur la marche du monde et la transformation des paysages. La ville ne cesse de s'agrandir, de se développer, de grignoter la campagne environnante. Elle semble alors être un moteur de pollution : réseau routier de plus en plus dense, bruit…, ainsi qu'un moteur de destruction de tout ce qui l'entoure : biodiversité, écosystème, terres agricoles... Mais, jusqu'où la ville va-t-elle s'étendre sur la nature ? Max Legoubé

    

          Soutiens :

 L'ODIA Normandie, la DRAC, la Région Normandie, le Département du Calvados, la Ville de Caen et la SPEDIDAM.
Partenaires de création : L'Espace Périphérique (75), l'Etincelle Théâtre(s) de la Ville de Rouen (76), Epoque le Salon du Livre de Caen (14), le Théâtre aux Mains Nues (75), Le Théâtre Foz (14), le Théâtre à la Coque (56), la Cité Théâtre (14), le Jardin Parallèle (51), AMVD-Pierre Heuzé (14), C3 Le Cube (14).

           La Compagnie, les auteurs /

Le travail de la compagnie s’efforce de donner forme à un théâtre sensoriel et suggestif. Il s’agit d’élaborer une composition où l’imaginaire des interprètes entre en interaction avec l’émotion qu’offrent la création sonore, les inventions scénographiques. Sous la direction artistique de Max Legoubé, la Compagnie Sans Soucis, basée à Caen, travaille autour de l'objet et de la marionnette, dans un univers poétique et musical. Elle présente des spectacles à destination du jeune public et du tout public.
 
Max Legoubé – Metteur en scène, marionnettiste En parallèle de ses études universitaires en Normandie axées sur les arts du spectacle et le cinéma, il travaille en tant qu’assistant à la mise en scène pour des courts et long métrages coproduits par le Pôle Image Haute-Normandie. Il fait sa première mise en scène au théâtre en 1998 avec Hiroshima mon amour de Marguerite Duras.
Tom A. Reboul – Musique Régisseur son de 2002 à 2006 au Théâtre National de Toulouse, il collabore jusqu’en 2007 en tant que musicien et créateur sonore aux différentes créations du Groupe Merci à Toulouse. Depuis, il compose et interprète des chansons et univers musicaux